Peintre, sculpteur, créateur passionné et amoureux de Crépy-en-Valois, Jean-Paul Fulanty façonne depuis plusieurs décennies des œuvres inspirées de son quotidien, de ses souvenirs et de son territoire. Rencontre avec un habitant dont la passion pour l'art n'a jamais cessé de grandir.
Je m’appelle Jean-Paul Fulanty et j’ai ouvert les yeux au début des années 50 à Béthisy-Saint-Pierre. J’ai ensuite toujours vécu à Crépy-en-Valois. Mes parents habitaient dans un quartier de la vieille Ville historique, où j’ai grandi.
Quand j’avais 5 ou 6 ans, mes terrains de jeu étaient la place du Pilori, aujourd’hui la place Gambetta, la rue de la Vallée ou encore les alentours de la porte Sainte-Agathe. Plus grand, j’allais souvent sous les remparts et aux ruines de Saint-Arnoul...
J’ai effectué toute ma scolarité à Crépy-en-Valois. D’abord à l’école des garçons du cours Foch, puis dans l’ancienne école Alexandre Dumas. J’ai ensuite poursuivi mes études dans un lycée professionnel.
J'ai travaillé à l'usine Poclain de 1969 à 1989. En parallèle, je réalisais des encadrements chez un artisan décorateur crépynois. Progressivement, cette activité artistique a pris davantage de place jusqu'à ce que je me lance comme artiste peintre à mon compte.
J’ai également travaillé quelque temps comme intermittent du spectacle dans un atelier qui fabriquait des décors.
Ces deux expériences m’ont permis d’apprendre de nouvelles techniques qui me sont utiles aujourd’hui : l’élastomère pour créer des moules, la résine, la feuille d’or et bien d’autres encore.
Quand je me suis consacré entièrement à mon activité, plusieurs écoles de Crépy-en-Valois m’ont sollicité pour donner des cours de dessin aux élèves.
J’ai toujours dessiné, mais trois rencontres ont marqué mon parcours.
La première remonte à mes 10 ans. Pendant un cours de dessin, un maître d’école avait préparé précieusement pour chaque élève une activité de création de masques en carton. J’ai alors découvert qu’il existait plusieurs techniques.
La deuxième personne était le père d’un ami qui faisait de la peinture. Il me parlait des artistes témoins de leur temps : un tableau pouvait évoquer l’actualité en laissant apparaître des détails permettant de définir une époque. J’ai d’ailleurs repris cette idée dans certaines de mes œuvres.
La troisième personne était un restaurateur de meubles anciens et Meilleur Ouvrier de France en sculpture sur bois. Il m’a appris plusieurs techniques, mais surtout transmis le goût du travail bien fait et la recherche de la perfection.
Le métier de plasticien consiste à créer en utilisant différentes matières et techniques, que ce soit par la peinture, ou la sculpture, ou autres.
Je ne me considère pas comme un artiste, car mes créations sont avant tout une passion. Je suis curieux de nature et je m’inspire de ce que j’observe au quotidien.
J’ai commencé par la peinture à l’huile puis la sanguine. J’apprécie également beaucoup le pastel et j’aime expérimenter différentes techniques de sculpture.
Pendant longtemps, je pensais ne pas être sculpteur. Selon moi, les sculpteurs enlèvent de la matière pour créer, alors que moi j’en ajoute, notamment avec le plâtre. Mais au final, le résultat reste le même : donner vie à une forme.
En ce qui concerne mes réalisations, je crée un moule pour les pièces répétitives. Pour les autres, je travaille entièrement à la main. J’utilise notamment du papier mâché fabriqué à partir de boîtes d’œufs recyclées que je transforme avant de le modeler.
L’ensemble est ensuite positionné sur du bois ou du métal. J’ajoute des morceaux de journaux locaux découpés. C’est une manière de conserver une trace de notre époque tout en rappelant mon attachement au territoire.
Au fil des années, mes œuvres m'ont conduit à exposer dans plusieurs régions françaises mais aussi en Allemagne, en Tunisie et en Pologne.
Ma première exposition remonte à mes 15 ans, dans le cadre de la restauration de Saint-Arnoul, à la salle des fêtes. J’y ai rencontré des artistes locaux qui m’ont beaucoup transmis. Puis, le rendez-vous annuel à l’abbaye Saint-Arnoul m’a permis de me dépasser aux côtés d’autres artistes, dans une compétition amicale.
Plus récemment, j’ai exposé dans le hall de la mairie sur le thème de la Première Guerre mondiale En souvenir de nos poilus. J’ai également présenté certaines œuvres au Musée de l’archerie et du Valois, lors de l’exposition de Saint-Thomas-de-Canterbury, la pierre & l’esprit.
Dans la maison que nous avons achetée et restaurée, nous possédons un grand grenier que j’ai transformé en atelier. C’est ici que j’ai pu réaliser mes différentes sculptures Jeux d’enfants, que j’ai exposé à la maison de retraite Étienne-Marie de la Hante en juin dernier.
L’idée m’est venue, lorsqu’une famille avec trois enfants s’est installée près de chez moi. En les entendant jouer et rire dans le jardin, j’ai retrouvé des souvenirs de mon enfance.
Et je ne compte pas m’arrêter là ! J’ai encore beaucoup d’idées et l’envie de poursuivre mes recherches artistiques.
J’aime beaucoup travailler au pastel, notamment parce que je peux peindre aussi bien au salon, que sur la table de la salle à manger, contrairement à la sculpture qui demande davantage de matériel et d’outillage à proximité.
Ma première sculpture représentait la tête de mon épouse. Je l’ai réalisée dans la cuisine de notre appartement. Il y avait des morceaux de pierre et de la poussière partout dans la pièce. J’en garde un souvenir très drôle et j’ai vite compris que j’avais besoin d’un véritable atelier pour ce type de création ! [Rires]